Ortie


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Ortie dioïque - Baie de Somme
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Ortie dioïque - baie de Somme

Ortie commune

Famille

Urticacées

Altitude

2500 m

Taille

0,30 à 1,30 m

Floraison

Juillet-septembre

Fleurs

petites, unisexuées, verdâtres et disposées en grappes pendantes par rapport à l’axe des feuilles dans la partie supérieure de la tige pour les femelles et sous forme de chatons pour les mâles

Feuilles

de couleur vert foncé, opposées , pétiolées , stipulées , ovées et dentées, velues sur les deux faces . L a dent extrême est pointue et plus grande que les dents latérales

Fruit

akène

Cycle de vie

vivace

Répartition

plante cosmopolite que l’on trouve dans les régions tempérées du monde entier

Habitat

Haies, fossés, jardins, décombres, prairies.

Synonymes

ortie des jardins, ortie dioïque

Toxicité

comestible

Protection

plante commune

Description


L’ortie est une plante très ancienne que l’on reconnaît entre autres à ses inflorescences verdâtres. On l’utilise comme remède depuis les temps les plus reculés :

• En Suisse, on en a retrouvé des restes datant du 3ème siècle av. J.-C., dans des cités lacustres de l’époque néolithique.

• En Grèce, les anciens la désignaient sous le nom d’acalyphe. On s'en servait pour faire pousser les cheveux, traiter l'arthrite, les toux et la tuberculose

• chez les romains, on l'utilisait pour lutter contre les rhumatismes

• en Inde, on soignait les saignement, les problèmes de peaux, les douleurs articulaires.


Le nom latin urtica vient de úrere qui signifie « brûler ». Dioïque, se dit des plantes dont les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des pieds distincts.


Dioscoride estimait lui aussi les vertus de l’ortie dont il a décrit l’usage en détail.

 

En 1532 le médecin et botaniste Otto Brunfels écrivait dans son livre de simples :

« Qu’y a-t-il de plus insignifiant, de plus méprisable ou encore de plus détestable qu’une ortie ? Qu’y a-t-il de plus gracieux qu’une jacinthe, un narcisse ou un lys ? et pourtant, l’ortie les surpasse tous. » Lonicerus écrivait qu’elle était « brûlante au début du premier degré et sèche au second ».

 

Elle aurait pour effet de stimuler la menstruation, de ramollir, d’expulser les gaz, les calculs et l’urine. Elle serait en outre aphrodisiaque et on s’en servirait contre les tumeurs cancéreuses, les plaies gangrenées, les furoncles, les ulcères, les enflures glandulaires, les entorses, les saignements de nez, les troubles de la rate, la pleurésie et la pneumonie, l’asthme, la teigne, les affections buccales et l’épilepsie. Au 18ème siècle, on l’utilisait avec succès contre l’hydropisie, toutes les formes d’hémorragies ainsi que les éruptions cutanées. L’ortie jouait également un rôle déterminant comme « remède sympathique ».

On procédait volontiers à la flagellation des membres atteints de rhumatismes ou de paralysie avec une botte d’ortie, le poison contenu dans les poils des feuilles provoquant une irritation de la peau, suivie d’érythème et parfois de vésication.

L’ortie est une des rares plantes que l’on peut reconnaître les yeux fermés. Une fois touché, son contact est à jamais imprimé dans notre mémoire. C’est la seule plante urticante de notre flore.

 

Mais ça pique !

Pas de panique, le pouvoir urticant disparaît au bout de 12 heures après avoir été cueilli, et si vous n’avez pas la patience d’attendre, plongez ces feuilles dans l’eau bouillante une minute et le tour est joué ! Si une ortie vous pique ... Il existe un antidote à la substance urticante de l'ortie: le plantain. Prenez le plantain à larges feuilles. Celui à feuilles allongées et pointues n'est pas efficace. Froissez une feuille et frottez légèrement l'endroit de la piqûre. La douleur sera fortement diminuée et disparaîtra rapidement.

 

On trouve l’ortie dans les régions tempérées du monde entier. Elle apprécie les endroits pollués qu’elle se charge d’assainir : c’est une plante rudérale.

Plante nitrophile, elle suit la culture humaine et pousse particulièrement bien sur les sols contaminés par les engrais et les excréments des hommes ou des animaux. Sa présence permet de reconnaître, longtemps après leur abandon et leur oubli, des lieux qui furent autrefois habités.

 

L’ortie, plante ferreuse au premier degré, régularise la teneur en fer du sol ce qui est bénéfique pour toutes les autres plantes qui y poussent. La présence de fer est nécessaire à la production de la chlorophylle, matière colorante des parties vertes des plantes. Photosensible, grâce à son appareil photosynthétique, elle peut subsister dans des conditions de luminosité très variables.

 

L’ortie est une plante herbacée qui possède des feuilles pétiolées, qui ont un limbe allongé et pointu. De forme dentelée les feuilles possèdent sur le dessus des petits poils ou aiguilles aux extrémités effilée qui au moindre contact se brisent en s’enfonçant dans la peau, laissant échapper un liquide urticant qui est injecté directement.

Le produit riche en acide formique, procure cette désagréable sensation de démangeaison et de brûlure.

La tige quadrangulaire ligneuse, de même nature que le bois, est aussi parcourue de poils irritants comme ceux de la feuille.

 

Ses fleurs dépourvues de pétales, possèdent deux sépales. L’ortie est une plante dioïque, ce qui veut dire que les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds ou plants différents.

La reconnaissance des sexes est donc facile, vu qu’un pied d’ortie ne possède que des fleurs mâles ou femelles, tous deux ont une forme et une couleur différente:

  • les fleurs femelles sont pendantes, de couleurs verdâtres avec quelques reflets de violet,
  • les fleurs mâles sont étalées et jaunâtres.

 

La reproduction se fait par les insectes et le vent. Les racines participent également à la reproduction, en drageonnant régulièrement. Les racines à souche rampante et ses radicelles très fines apprécient les terrains riches en azote peuvent s’enfoncer dans la terre à une profondeur de 70 cm.

 

Les fibres d'ortie qui ont longtemps servi à fabriquer des cordes et des tissus dans le nord de l'Europe sont encore utilisées pour fabriquer le papier sur lequel sont imprimés les billets de banques. Les confusions...

 

On entend souvent à tort parler de l'«ortie blanche» de l'«ortie rouge» ou de l'«ortie jaune». Ces plantes ne sont en aucune façon des orties. Ce sont en fait des lamiacées : le lamier blanc, le lamier rouge et le lamier jaune. Notez également que les lamiers ne sont pas urticants.

 

Extrait de Victor Hugo, Les Misérables, 1862. (Première partie : Fantine, Livre V : La descente, Chapitre 3 : Sommes déposées chez Lafitte). « Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties. Il regarda ce tas de plantes déracinées et déjà desséchées, et dit : - C'est mort. Cela serait pourtant bon si l'on savait s'en servir. Quand l'ortie est jeune, la feuille est un légume excellent ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre et le lin. La toile d'ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l'ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes. La graine de l'ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux ; la racine mêlée au sel produit une belle couleur jaune. C'est du reste un excellent foin qu'on peut faucher deux fois. Et que faut-il à l'ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement la graine tombe à mesure qu'elle mûrit, et est difficile à récolter. Voilà tout. Avec quelque peine qu'on prendrait, l'ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d'hommes ressemblent à l'ortie ! - Il ajouta après un silence : Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs. »


Saveur


L’Ortie est une panacée merveilleuse dont les qualités sont aujourd’hui unanimement reconnues.

Sa richesse en fer, en silice, en magnésium, en vitamines et en protéines végétales équilibrées (autant que celles de l’œuf !) en font un aliment de choix pour tous ceux qui veulent rester en bonne santé : les sportifs de haut niveau, les convalescents.

Ce n’est pas pour rien si certains médecins-nutritionnistes l’ont surnommée l’EPO naturel du pauvre…

Cueillette


La récolte des feuilles se fait dès le printemps jusqu’au mois d’août.

Vertus


Reconnue comme l'une des plantes médicinales les plus efficaces, toutes les parties : semences, feuilles en été, racines en septembre, peuvent être utilisées.

Ses propriétés sont diverses : anti-inflammatoire, antihémorragique, diurétique, dépurative, stimulante, reminéralisante (renforce cartilages et os, soulage les douleurs articulaires : rhumatismes, arthrose, foulures, tendinites...)

Ses utilisations peuvent être à usage interne et externe,

  • contre les rhumatismes, en lotion pour des frictions contre la chute des cheveux, en infusion ou décoction 
  • contre les maladies de peau, la jaunisse, l'urticaire, les hémorragies et l'anémie. 

On faisait autrefois une décoction salée des feuilles d'ortie pour faire cailler le lait et confectionner ainsi des fromages.

Elle est riche en vitamine C, B et A. Elle contient du calcium, du fer, du potassium, du phosphore et du magnésium.

Elle est riche en protéines : contient plus de protéines que le soja 

Elle est plus riche en vitamine C que le citron.

  • Adaptogène

Elle régularise les fonctions vitales en améliorant le fonctionnement général de l'organisme, en stimulant les défenses immunitaires et en améliorant également la résistance physique, ce qui en fait une plante particulièrement intéressante pour les sportifs, les travailleurs manuels et les personnes âgées.

  • Dépurative

Grâce à ses propriétés diurétiques, l'ortie possède une extraordinaire capacité à éliminer les toxines accumulées dans l'organisme : urée, ions chlore et acide urique.

  • Diurétique

L'ortie augmente le débit urinaire (urines + foncées) : son utilisation, pour ménager la fonction rénale, oblige à boire des quantités d'eau importantes 

  • Anti-rhumatismale, anti-goutteuse

L'ortie améliore la fonction des articulations grâce à ses propriétés dépuratives et reminéralisantes, chasse les dépôts métaboliques et améliore la qualité des cartilages, grâce à sa richesse en silice.

  • Anti-anémique

L'ortie est un des meilleurs remèdes naturels pour prévenir l'anémie. Le fer contenu en abondance dans ses feuilles est particulièrement assimilable.

  • Anti-scorbutique

L'ortie a été utilisée au XIXème siècle contre le scorbut. Sa richesse en vitamine C plaide tout à fait dans ce sens.

  • Galactogène (feuilles et graines)

Propriété largement constatée chez les nourrices et utilisée dans plusieurs spécialités vétérinaires.

  • Emménagogue (racine)

L'ortie provoque les règles en cas d'absence et les diminue en cas d'excès (tout comme elle a la propriété de régulariser les urines et les selles).

  • Anti-allergique, anti-histaminique

L'ortie possède des propriétés anti-histaminiques utiles en cas d'allergie, en cure de longue durée.

On peut fumer de l'ortie lors des crises d'asthme.

  • Alcalinisante

Aide à restaurer l'équilibre acido-basique, mis à mal par l'alimentation moderne très acidifiante (trop de sucre, de viande, d'alcool et pas assez de fruits et légumes).

  • Reminéralisante

L'ortie constitue l'une des meilleures plantes reminéralisantes de notre pharmacopée de par sa richesse en minéraux (calcium, magnésium, zinc, fer...).

A utiliser en tisane le matin en cure de longue durée, ou en gélules à forte dose (pratique, mais plus coûteux).

  • Tonique-astringent

L'ortie tonifie les différentes fonctions de l'organisme sans être excitante

  • Anti-inflammatoire (surtout la racine)

Cette propriété de l'ortie est utilisée dans le traitement de l 'adénome de la prostate.

  • Anti-cancéreuse ?

Plusieurs études in vitro et in vivo ont montré l'intérêt de l'ortie comme adjuvant dans le traitement du cancer.


Usages


  • L'usage culinaire

 

Pendant la guerre de 1940 celui qui affirmait que personne ne mourrait de faim tant qu'il y aurait des orties était regardé avec stupeur même si l'usage voulait que l'on récolte les orties pour nourrir les animaux.

Dans les années 1970 l'institutrice d'un village était considérée quelque peu excentrique de faire une cure d'ortie au printemps.

 

L'ortie se cuisine comme les épinards. Elle est excellente à la béchamel et avec des œufs durs, les jeunes feuilles peuvent être ajoutées à une salade. L'ortie se cuisine aussi en soupe, en soufflé...

 

  • L'usage médical

 

Dès l'antiquité elle a beaucoup été utilisée dans la pharmacopée. L’ortie possède des vertus diurétiques, cicatrisantes et anti-inflammatoires, anti-diarrhéiques et fortifiantes.

On l'utilise pour traiter les allergies : rhume des foins, rhinites allergiques, asthme et démangeaisons. Elle combat l’anémie et stimule la montée de lait.

En usage externe elle permet de lutter contre la chute des cheveux.

La racine d'ortie est reconnue comme bienfaisante dans le traitement de certains cas de l’hypertrophie de la prostate.

  • L'usage textile

Les orties ont un usage textile. L'ortie a servi pour tresser des semelles de chaussure pendant la dernière guerre mondiale.

L'ortie de chine ou ramie est cultivée pour sa fibre . C'est une plante arbustive. On en tire de la filasse, fibre extrêmement fine.

Le tissu obtenu est beau et résistant. En Europe, la ramie sert à fabriquer des étamines utilisées dans l'industrie fromagère pour égoutter certains fromages. Son intérêt dans cette application vient des propriétés antiseptiques de la plante qui perdurent dans le tissu.

Les fibres de la tige ont servi à fabriquer des cordes, des filets et du tissu très résistants.

Ötzi, le célèbre homme des glaces (-3350 / -3100 av. J-C) retrouvé à la frontière Italo-Suisse, possédait un poignard en silex avec un fourreau réalisé en fibres d'ortie.

L'ortie a été utilisée comme plante tinctoriale pour laine et tissus. On peut obtenir plusieurs couleurs variant entre le jaune et le vert. Au XVIIIe siècle en Moselle elle servait pour teindre des œufs de Pâques en jaune.

  • L'usage en élevage

L'ortie séchée est un fourrage de première qualité. Les anciens la récoltaient pour la donner aux cochons, vaches et volailles.

Le lait de vache nourrie avec des orties serait de meilleure qualité, les poules pondraient davantage comme le confirme ce dicton : « une ortie dans le poulailler c'est un œuf de plus dans le panier ».

  • L'usage agronomique

Les plantes qui poussent dans le voisinage de l'ortie dioïque sont plus résistantes aux insectes. L’ortie favorise la croissance de certaines plantes comme la menthe et les tomates : des feuilles d'orties au fond du trou de plantation font merveille pour la reprise et la croissance des plants.

L’ortie donne plus d'arôme à certaines herbes comme la sauge et la menthe poivrée.

  • L'usage faunistique

Les massifs d'orties servent de lieux de nidification à certains oiseaux. Des insectes comme la coccinelle, prédateur des pucerons, viennent y pondre. Les chenilles de certains papillons comme le vulcain, la petite-tortue, le paon-du-jour, Robert-le-diable se nourrissent exclusivement d'orties. Ces chenilles et insectes servent de nourriture pour une variété importante d'oiseaux insectivores.

  • L'usage en jardinage

L'ortie est utilisée comme insecticide, fongicide et activateur de croissance. L'utilisation du purin d'orties comme moyen de lutte contre les parasites, permet de lutter contre les altises, les araignées rouges, les pucerons, les courtilières. Deux à trois applications de purin dilué à 20% sur le sol, en automne ou au cours de l'hiver permet de lutter préventivement contre les maladies cryptogamiques. Ce même purin dilué à 5% peut être pulvérisé sur le feuillage, contre les insectes et les maladies cryptogamiques. Sa teneur importante en nitrate de calcium et de potassium (azote assimilable) fait de l'ortie un excellent activateur de croissance. Diluez le purin à 50% et arrosez. Ensuite, ne donnez que de l'eau pendant deux semaines avant de recommencer l'opération. Pour donner une protection supplémentaire à vos tomates, placez quelques feuilles d'ortie hachées dans le fond du trou avant de les transplanter L'ortie est également un excellent activateur de compost. 


PRECAUTIONS


Plante comestible.

Une Recette



 

Quiche aux orties fraîches


Ingrédients (pour 4 personnes) :


- 1 pâte brisée (200 g de farine, 100 g de beurre, un peu de paprika)

- un bon saladier de feuilles d'orties

- 12,5 cl de lait

- 100 g de lardons

- 3 oeufs

- 100 g de comté (ou autre fromage au choix) coupé en dés

- 1 gousse d'ail - sel, poivre

- ciboulette fraîche


Cueillir les orties : ne prélèver de feuilles que sur le haut des orties, sur environ 5 centimètres.

Laver les feuilles et réserver.

Faire revenir les lardons dans un peu d'huile d'olive, puis ajouter les orties.

Faire étuver à couvert à peu près 5 minutes. Ajouter ensuite l'ail hâché, laisser encore quelques minutes sur le feu. Abaisser la pâte brisée.

Piquer la pâte. Battre les 3 oeufs avec le lait, assaisonner (sel, poivre, ciboulette).

Répartir le mélange d'orties sur la pâte, disposez les dés de comté et verser la préparation oeufs-lait.

Mettre au four à 210°C (thermostat 7) pendant 30 minutes (surveiller la cuisson).

Servir bien chaud.